Step by step
DISIZ, THIS IS HIT

Courant 2009 Disiz en est persuadé, il ne fera plus de rap. Le ras le bol vient du cœur. « La jalousie des miens, la récupération des uns et l’instrumentalisation des autres. Le Rap Français perd en 5 ans de son essence et de son “intégrité”. Je le vois, mois après mois s’effriter. Je vais de désillusion en désillusion, je refuse pourtant de me laisser abattre, mais je n’accepte pas pour me motiver d’appréhender ce mouvement comme un gagne-pain. Je ne serais jamais un fonctionnaire de la musique. Les compromis sont de plus en plus lourds. Les majors achètent l’arbitre et le jeu perd de sa magie. La jalousie grandit de plus en plus et le cercle vertueux devient avec la frénésie des envieux, un cercle vicieux. Je n’ai plus d’émulation, mais pourtant un public qui me suit sur chaque album. Je me dois de leur dire la vérité vraie sur ce milieu, sur ma désillusion et sur le long combat qu’il nous reste à faire, sans papier cadeaux ou artifice: Un truc s’est envolé, quelque chose a changé, soyons lucide et ne courons pas après une époque révolue, tels de vieux nostalgiques has been. Tournons la page, allons à l’autre chapitre » s’exprime le rappeur sur son site http://www.disiztheend.com/. Après 5 albums, 5 films, et un livre Sérigne de son prénom veut autre chose… Disiz Peter Punk.

Un nouveau nom, un nouvel album Dans le ventre du crocodile. Finit les beats darks de Disiz The End, place à la batterie, à la guitare, à la basse et au chant. L’album passe quasiment inaperçue aux oreilles du public, mis à part quelques fans inconditionnels.

En 2012 le rappeur originaire d’Évry revient. Le game a changé, les nouvelles têtes du rap français lui redonnent du baume au cœur, le groupe 1995 notamment. Durant 3 ans il n’a pas arrêté d’écrire, si bien qu’il annonce une trilogie. 3 albums sont en route. Courant mars 2012 l’EP Lucide arrive avec grand bruit. Il s’explique, ne cache rien, à l’image du morceau Un frigo, un cœur et des couilles. La nouvelle génération du rap français est là aussi via des featuring avec Alpha Wann, Areno Jazz, Sneazzy West et Nekfeu d’1995. Disiz apporte beaucoup de supports vidéo à sa musique. On retrouve entre autre les clips de Toussa Toussa et de La luciole un morceau extrait de l’album Dans le ventre du crocodile qui enthousiasme enfin le public après le « flop » de l’album.

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Disiz ne chôme pas et fin octobre il nous propose un nouvel album intitulé Extra-Lucide. 20 titres, une heure vingt de musique, car ce n’est pas que du rap. Les instrus varient entre beat rapide pour donner le sourire le matin en allant en cours ou au travail et chansons plus douces. L’amour est souvent abordé, l’artiste se plaçant en chevalier asiatique de l’amour. Le logo de l’album, un cœur énorme. Un album vivant, des textes percutants comme Salauds D’pauvres, un album à défendre en tourné.

Le 23 novembre Disiz est en concert à l’empreinte, une salle de concert à Savigny le Temple en Seine en Marne. Il est là pour partager cet album avec son public, rien de mieux que de l’avoir en face de soi plutôt que de juger les réactions derrières son compte Facebook. L’artiste arrive motivé, il veut montrer qu’il est encore là, prêt. Le jeu de lumière est précis, les balances bien ajustées. Le public semble simple spectateur, il ne bouge pas tant que ça. Pourtant Disiz lui donne les moyens de s’exciter, de sauter partout avec l’enchainement de morceaux des deux derniers albums et un classique parmi les classiques : J’pète les plombs. Sur le morceau moïse, comme un peu plus tôt à Can I kick It il décidede se mêler à la foule et écarte la marée humaine se trouvant devant lui. Après un concert d’une heure et quart, Disiz prend le temps de venir à la rencontre de ses fans restés dans l’entrée de la salle. Dédicaces, photos avec chaque personne qui le souhaite, le rappeur se montre disponible. Tellement qu’il a accepté de me donner ses impressions lors d’un entretien d’une dizaine de minutes :

Guillaume : Disiz bonsoir, tu viens de donner un concert à l’Empreinte, dans le cadre de ta tourné pour l’album Extra-Lucide. La salle était bien remplie, quelles sont tes impressions ?

Disiz : Eh bin super, moi c’est ma septième date, ça monte un petit peu en puissance. Il y a eu quelques ratés sur scène notamment mon couplet de Salauds D’pauvres qui est assez technique et que j’ai du mal à me rentrer dans la tête. J’ai trouvé le public un peu trop discipliné, il avait du mal à se lâcher, alors qu’habituellement c’est le gros bordel dans mes concerts.

L’album est sorti le 29 octobre, un mois plus tard es-tu satisfait de l’accueil du public ? T’attendais-tu à ce qu’il soit si bon ?

Je l’espérais en tout cas ! Sur ce disque je me suis concentré sur les moyens et non pas le but. J’ai tout fait pour produire un disque de qualité, et je me suis détaché des attentes et tout car dans le processus créatif c’est les mauvais démons ça. « À se dire oui là il faut faire ça, ça va marcher comme ci comme ça ». Dès que tu fais ça en studio c’est foutu, comme un joueur de football si il se dit « ouais là je vais gagner la coupe, et puis quand j’aurai gagné la coupe je vais aller dans tel club et tout », s’il se dit ça dans le vestiaire il va rater son match.

Sur ton compte officiel Facebook et sur ton site internet Disiz.fr, tu prends le temps d’expliquer tes textes notamment via le système Rap Genius. On peut consulter tes textes ainsi que les explications que tu apportes, pourquoi cette volonté de tout expliquer ?

Alors en fait ce n’est pas vraiment tout expliquer, je pense qu’on est dans une époque où de la même manière qu’il y a du prêt à porter dans la mode, il y a du prêt à écouter. Je trouve que la musique et particulièrement dans le rap, parfois on est un peu trop simpliste, on est dans la punch line carambar et on n’est pas dans des textes un petit peu plus recherchés. Et le souci c’est que si tu fais des textes un peu plus recherchés, et bin tu peux larguer des gens parce que leur oreille est accoutumée à la punch line facile. Comme j’ai fait le choix de mettre de la qualité dans mes textes et bien pour compenser j’explique un petit peu, j’apporte un autre angle de vue.

Tu es toujours très présent pour tes auditeurs et tes lecteurs, comme ce soir avec une séance de dédicace et de photos. Tu aimes apporter un support visuel pour tes morceaux qu’ils soient dans l’album ou complètement inédits, je pense aux « vendredi c’est Sizdi ». En quoi c’est important pour toi de proposer ces supports vidéo ?

Pour moi c’est important car de la même manière que j’explique mes textes, quand j’écris un morceau je l’imagine, je l’imagine en image aussi. Quand je peux le faire j’aime bien le mettre en image. Par exemple avec La luciole, qui était sur l’album crocodile, que personne n’a calculé, j’ai fait un clip dessus et là ça y est tout le monde en parle. Ça donne une autre dimension à mes textes.

Tu continues ta tourné à travers la France et tu fais aussi une date en Belgique, comment l’as-tu préparé ?

C’est la première fois que je prépare autant mes concerts. Là j’ai une personne qui gère les lumières de tous mes concerts, il y a une création lumière. J’ai fait ce qu’on appelle une résidence, tu vas dans une vraie salle dans de vraies conditions. D’abord en répétition je prépare mon show, avec les lumières, avec le son et tout.

Elle se termine normalement le 28 Avril à Bourges, que vas-tu proposer par la suite ? As-tu des projets ? Un nouveau roman, un nouvel album en prévision ?

J’ai le troisième volet de ma trilogie, il y a eu Lucide, Extra-Lucide et maintenant Translucide qui va arriver dans les mois à venir.

Album Translucide à venir prochainement.

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